Le Kung Fu de la Grue Blanche

Le Kung Fu de la Grue Blanche (White Crane Kung Fu) est un art martial rare combinant les techniques de pieds, de mains et les saisies. Ce programme d'autodéfense est offert dans les Académies de Laval, Montréal et Poughkeepsie (New York). Des cours de Shaolin White Crane Kung Fu sont également disponibles aux clubs affiliés de l’UQAM et du YMCA ave du parc (région Montréal).

Le style se caractérise par ses techniques de mains ultrarapides, ses combinaisons de frappes et de saisies et surtout pour ses attaques aux points vitaux. Cet art martial est particulièrement efficace et a été transmis de père en fils depuis 5 générations. Il ne s’agit pas d’un sport martial mais bien un art martial dans le vrai sens du mot.

Notre lignée de Grue Blanche est connue sous le nom de Grue volante (Fei He). Elle est une des quatre lignées principales de Grue Blanche de la province de Fujian. L’art comprend l'entraînement à mains nues et avec 18 armes traditionnelles, les formes à deux personnes, des exercices de conditionnement du corps, le travail respiratoire (Chi kung) et le combat libre. La grue volante utilise plusieurs coups de pieds mais à une préférence marquée pour les techniques de mains. L'approche réaliste du style, ses impitoyables attaques aux points vitaux combinées à un jeu de pieds rapide font de lui un art gracieux, efficace et complet.

Puisque plusieurs styles de Kung fu traditionnel ont transmis leurs connaissances de père en fils , ces systèmes demeures souvent intouchés par les modes et tendances modernes. La transmission de ces arts est faites de maître à adepte selon des critères rigoureux. Ceci dit, un art familial comme le White Crane est néanmoins beaucoup plus qu’un système d’autodéfense. L’art est un véhicule qui permet aux adeptes de développer camaraderie, force, flexibilité, énergie interne et confiance en soi. De plus, il initie les élèves à une culture traditionnelle et un mode de vie sain. A son plus haut niveau, il devient une façon de développer de la compassion envers les autres.

Le programme de Grue Blanche du Shaolin est conçu pour ceux et celles désirant apprendre un authentique style de kung fu traditionnel. Le style de la Grue Blanche est complet et physique. Il est néanmoins accessible à tous puisque l’art à une panoplie énorme de techniques, de méthodes et de routines. Ceci permet aux gens de choisir leurs concentrations selon leurs habilitées et préférences. L’art est d’autant plus accessible aux plus aînées puisqu’ il mets une grande emphase sur l’absorption de la puissance d’autrui à ses niveaux supérieurs.


Curriculum

Les systèmes traditionnels mettent l'emphase sur les applications pratiques (Yong Fa). Pour ce faire, ils doivent comporter l'étude d'une vaste gamme d'éléments reliés au combat. Conséquemment, la plupart des arts martiaux traditionnels chinois mettent l'accent sur les formes, les exercices à deux personnes, les formes d'armes, le conditionnement corporel, les exercices internes et le combat libre. Ceci est particulièrement le cas pour les styles traditionnels de famille tels la Grue Volante de la famille Lee.

La fondatrice du style, Fang Chi-Niang, était une petite femme qui vivait en des temps de violence. Fang Chi-Niang pensait que certaines parties vulnérables du corps ne pouvaient être endurcies ou rendues résistantes aux blessures. Elle concentra donc ses attaques aux tempes, aux yeux, à la gorge, au plexus solaire, aux côtes flottantes, aux reins, aux parties génitales, aux genoux, etc. ayant la connaissance que ces puissantes frappes peuvent neutraliser même l'agresseur le plus déterminé. L'attaque des points vitaux à l'aide de frappes de mains spécialisées est devenue donc la signature de la Grue Blanche.

Le Fung Ying Chuan (poing en œil de phénix) est la technique de poing de base utilisée dans la Grue Blanche. L'appellation vient de la phalange légèrement avancée de l'index, qui rappelle l'œil du légendaire phénix. Cette technique est fort utile pour les attaques aux points vitaux puisqu'elle concentre toute la puissance du coup en un point très précis, soit l'extrémité de la première phalange de l'index. La puissance ainsi focalisée peut ainsi pénétrer la cible plus profondément. Bien que des exercices spécifiques d'endurcissement des mains et des doigts soient nécessaires à l'utilisation efficace du poing en œil de phénix, cette technique demeure relativement facile à maîtriser. Une autre configuration de main souvent utilisée est Biao So, ou main en forme de lance. On réalise celle-ci en tenant les doigts bien droits, solidement pressés les uns sur les autres. On l'utilise exclusivement sur les points les plus vulnérables du corps tels les yeux, la gorge ou les parties génitales. Les autres configurations de mains comprennent les frappes du tranchant de la main et les serres de la grue, de l'aigle, du tigre et du dragon. La plupart des autres configurations imitent les ailes de la grue ou ressemblent à des techniques de mains classiques du Kung Fu du Sud.

Une caractéristique propre au système de la Grue Blanche est la conception de ses formes d'armes et à mains nues. Les formes sont comparativement courtes et plusieurs d'entre elles sont conçues comme des formes de combat avec partenaire. Pour le dire autrement, les divers blocages, contre-attaques et saisies aux articulations comprises dans la deuxième partie d'une forme donnée représentent la réplique appropriée aux différents mouvements contenus dans la première partie. On peut de cette façon se familiariser avec les mouvements par la pratique individuelle et ensuite valider sa compréhension avec un partenaire dans un environnement de contact contrôlé. Ce système assure une démarche organisée permettant non seulement la maîtrise des mouvements pris isolément, mais aussi de la théorie du combat et des applications réelles contenues dans la forme.

Outre les formes seules ou avec partenaire, les élèves s'entraînent à frapper divers types d'équipement et endurcissent leur corps. Divers exercices développant la sensibilité des réflexes au contact ou"l' écoute par les mains " sont également pratiqués. Par exemple, deux élèves allongent chacun le bras jusqu'à que ceux-ci se touchent. De cette position, ils pratiquent des attaques et des contre-attaques. La pratique régulière de cette forme d'« écoute par les mains » permet aux élèves de sentir les intentions d'un adversaire et d'agir en conséquence. Elle leur procure également un forum où ils peuvent pratiquer leurs techniques de façon réaliste et sécuritaire. La pratique du combat libre apparaît également tôt dans le cheminement et son degré d'intensité varie selon les goûts, désirs et niveau d'expertise de chacun. Finalement, les exercices avancés de respiration sont enseignés sur une base individuelle, en raison de leur nature.

Les formes d'armes sont enseigner relativement rapidement, à commencer par le célèbre « Bâton des sept étoiles » de la Grue Blanche (Chi Sing Guen). En plus de la lance (Chiang), du bâton trisectionnel (San jie guen), de la hallebarde ou sabre à long manche du général Kwan (Kwan Do), de la canne (Gwaijian), du sabre coupe-cheval (Jam Ma Dao) et de la fourche du tigre (Fu Cha), on trouve plusieurs armes doubles dans la Grue Blanche. Parmi celles-ci on compte les doubles tiges de métal (Swan jien), semblables aux sai japonais, les sabres doubles (Bai Her Dao) et les épées courtes du Sud (Nan Dao). Les armes simples comprennent également le sabre (Dao), l'épée (Dsien) et l'éventail (San Tse). Il y a plus de 80 formes à mains nues dans la variante « grue volante » du style. Certaines sont très courtes, d'autres plutôt longues. On compte également bon nombre de formes d'armes.

Un combattant versé dans l'art de la Grue Blanche sait, entre autres, esquiver latéralement tout en frappant son adversaire. Cette approche est très efficace dans les situations d'autodéfense contre un adversaire résolu et possiblement hors de lui. Elle n'a pas été conçue pour des compétiteurs consentants dans des situations de combat contrôlé souvent approximatives, prévisibles et illusoires par nature. Ceci nous emmène donc à une réflexion sur la nature même des arts martiaux traditionnels : Ils ont été créés et développés pour être des systèmes d'autodéfense dévastateurs. Au fil des transformations de la société et de son évolution, plusieurs systèmes d'arts martiaux ont changé leur nature fondamentale et modifié leur régime d'entraînement. Nous pouvons assez aisément distinguer les arts demeurés fidèles à leur tradition d'autodéfense sans compromis de ceux qui sont devenus des sports martiaux. Les uns et les autres ont quelque chose à offrir au public. Par contre, il y a entre eux de grandes différences d'approche.


L'histoire du Kung Fu de la Grue Blanche du Shaolin

(Avant de poursuivre, il est important d'expliquer au lecteur qu'il y a en fait deux systèmes d'arts martiaux en provenance de Chine portant l'appellation « Grue Blanche ». L'un est originaire du Tibet et l'autre de Fukien, une province côtière située au Sud. Ces deux arts sont célèbres et revendiquent chacun un passé glorieux. Bien que le style de la Grue Blanche soit relativement rare, son influence et celle d'autres styles de Kung Fu de Fukien s'est fait sentir de différentes façons : Par exemple, le lien entre le Kung Fu de Fukien et le Karaté d'Okinawa est indéniable. L’historique présenté ci bas est détaillé puisque l’historique de l’art n’a jamis été mis à la disposition du public occidental. Pour en savoir d’avantage sur l’historique, les théories, et les techniques de la Grue blanche, veuillez consulter le dernier ouvrage de maître Bernard intitulé « Shaolin White Crane Kung Fu : A rare art revealed.)

L'histoire du Kung Fu de la Grue Blanche de Fukien (Fukien White Crane Kung Fu) s'est transmise de maître à élève (de père en fils) depuis cinq générations. Bien que différentes versions existent quant à cette histoire, elles racontent toutes un récit similaire. L'histoire du Kung Fu de la Grue Blanche tel que transmis au sein de la famille Lee est la version présentée ici.1

Fang Chi-Niang naît au milieu du 18e siècle à Lei Chow Fu. Le nom de son père est Fan Hui-Sz et celui de sa mère Lee Pik-Liung. Fang Hui-Sz a étudié le Kung Fu au temple Shaolin du Mont des neuf lotus, dans le district de Ching Chiang, province de Fujian (anciennement Fukien). Sa femme et sa fille vivent à Lei Chow Fu. Comme ils sont pris à partie par les propriétaires terriens du voisinage, ils décident de déménager loin du village, ce qui les conduit éventuellement au temple de Ching Chu, sur le Mont Ching Chea (Lei Chow Fu).

Un jour que Fang Chi-Niang fait sécher du grain devant le temple, elle voit une grande grue blanche descendre du toit et commencer à picorer le grain. Elle s'arme d'une tige de bambou afin de chasser l'intrus. La grue lui inspire à la fois crainte et curiosité. Elle tente d'abord de frapper la tête de l'oiseau mais celui-ci se montre habile à l'esquive. Elle essaie ensuite de darder le corps de l'oiseau mais celui-ci recule et utilise son bec pour frapper la tige de bambou.

Fang Chi-Niang est fort surprise. Elle continue d'utiliser les techniques apprises de son père, mais en vain. Étonnée par l'adresse de la grue, Fang Chi-Niang cherche chaque jour à pratiquer avec l'oiseau, ce à quoi la grue donne son concours. Cette pratique permet à Fang Chi-Niang d'analyser et d'assimiler les stratégies d'autodéfense de l'oiseau. Avec le temps, elle acquiert la maîtrise des mouvements et de l'esprit de la grue blanche.2

C'est au cours de cette période que l'empereur Chien Lung ordonne la destruction du temple Shaolin du Sud, soupçonnant qu'il s'agit d'un foyer d'activité révolutionnaire. Fang Hui-Sz est l'un de ceux qui ont la bonne fortune d'échapper à cette attaque. Il va chercher sa femme et sa fille pour aller s'établir à Pik Chui Liang. Par la suite, Fang Hui-Sz s'installe au temple de Sah Liang, près de Foochow, où il passe ses temps libres à aider sa fille à parfaire son Kung Fu du Shaolin.

Fang Chi-Niang en vient éventuellement à maîtriser tout ce que son père peut lui enseigner et choisit de marier l'esprit de la grue aux mouvements de son Kung Fu du Shaolin. Elle enseigne le Kung Fu dans le temple Sah Liang à Weng Wing-Seng, Lee Fah-Sieng , Chang Teh-Cheng et Ling Te-Sun . Weng est originaire de Lei Chow Fu, Lee du district de Chow Ann, Chang du district de Wing Chun et Ling de Foochow. Weng et Lee ont plusieurs élèves au Pic de Kao Pei et y mettent sur pied une école. Chang (surnommé le « Moine aux neuf points ») s'établit au temple de la Grue Blanche et y enseigne les arts martiaux. Les descendants de Ling s'installent à Taiwan. Lee transmet son savoir à son fils Lee Mah-Saw. Lee Mah-Saw enseigne dans le district de Chow Ann et continue également d'ouvrir de nouvelles écoles. Les enseignements originaux de Fang Chi-Niang font l'objet de diverses interprétations qui engendrent quatre styles principaux : la « Grue volante » (Flying Crane - Fei He), la « Grue dévorante » (Eating Crane - Shi He), la « Grue criante » (Screaming Crane - Ming He) et la « Grue dormante » (Sleeping Crane - Jan He ou Su He). De nouvelles interprétations et combinaisons avec d'autres styles ont par la suite multiplié les variantes de Kung Fu de la Grue Blanche de Fukien.

Il pourrait être utile, à ce stade, de débattre la question de savoir si les arts de la Grue Blanche de Fukien sont vraiment des systèmes du Shaolin ou s'ils représentent une école distincte. Parce que ceux-ci ont été élaborés hors du temple, plusieurs maîtres de la Grue Blanche des générations antérieures ne considèrent par leur art comme un art du Shaolin. Cette conviction est renforcée par le fait qu'aux niveaux avancés d'apprentissage, la Grue Blanche se concentre principalement sur la puissance relaxe (soft power). Par contre, la fondatrice a appris surtout de son père qui était un expert du Shaolin du Sud. Il est par conséquent difficile de trancher, puisqu'il s'agit en définitive d'une question de point de vue. Il est peut être préférable de reconnaître à la fois les racines de cet art et l'apport unique de sa fondatrice.


Le Grand-Maître Lee Kiang-Ke : La Grue Blanche entre dans le 20e siècle

Historiquement, la fin des systèmes sociaux de type féodal et l'utilisation des armes à feu ont eu pour effet de rendre de moins en moins nécessaire l'apprentissage des méthodes avancées de combat. Cette réalité, combinée à la nature traditionnellement secrète de l'enseignement du Kung Fu, contribue à la disparition progressive d'une part irremplaçable de l'héritage culturel de la Chine. Parmi les centaines de styles de Kung Fu, plusieurs sont en danger de disparaître ou d'être dilués jusqu'à l'extinction.

Pour les adeptes de Kung Fu de la Grue Blanche de Fukien, la vie du grand-maître Lee Kiang-Ke (1903-1992) représente à la fois un lien avec le passé et une fenêtre ouverte sur l'avenir. Afin de bien comprendre le profond respect du pratiquant d'arts martiaux pour son grand-maître, il est nécessaire de situer l'art martial dans son contexte culturel et historique. Une différence importante entre les arts martiaux et d'autres formes d'activité physique est que ceux ci peuvent être pratiqués tout au long de la vie, et que des progrès peuvent être réalisés à pratiquement n'importe quel âge. C'est pourquoi plusieurs maîtres plus âgés sont considérés comme des trésors vivants, possédant des décennies de connaissances acquises, d'expérience et d'expertise dans l'enseignement de leur art. De nos jours, de moins en moins de gens on la volonté de consacrer leur vie à l'étude et à l'enseignement des arts martiaux, tel que cela se faisait dans le passé. En raison de ce triste état de choses, c'est souvent un savoir précieux et unique qui disparaît avec la mort d'un grand-maître plus âgé. Cela est particulièrement vrai dans les divers styles d'arts martiaux chinois, où les shifus de Kung Fu étaient très discrets au sujet de leur art personnel de combat et réticents à le diffuser indistinctement.

Le Kung Fu de la Grue Blanche de Fukien continue de prospérer grâce à la pensée éclairée de l'un de ses principaux représentants. Le grand-maître de troisième génération Lee Kiang-Ke (Lee Kiang-Kay) a été le responsable le plus influent de la préservation et de la diffusion du système de la « Grue volante » de la Grue Blanche de Fukien. Son choix de rendre public ce qui était auparavant considéré comme un « style à huis clos » a assuré la survie d'un système d'art martiaux chinois complet et dévastateur.

À l'âge de sept ans, le grand-maître Lee Kiang-Ke commence à apprendre le Kung Fu de son père. Après 10 ans d'entraînement ardu, son père l'envoie vivre dans un temple (Bai He An) où il peaufine ses connaissances martiales sous la tutelle d'un moine connu sous le sobriquet de « Moine aux neuf points ». Ce temple se spécialise dans l'enseignement des techniques de la Grue Blanche élaborées par Fang Chi-Niang. Après quatre années d'études intensives, le jeune maître retourne à la maison pour assister son père dans l'enseignement de la Grue Blanche et dans la pratique de la médecine à base d'herbes. Avec le temps, il devient l'instructeur en chef et le médecin attitré de la communauté.

Plus tard, le Kuomintang (le gouvernement nationaliste chinois) l'invite à se joindre à la 49e Division Militaire à titre de médecin. Il enseigne aux soldats le sabre à long manche (Da dao) Son service complété, il reprend l'enseignement des arts martiaux et la pratique de la médecine. Par la suite, Lee Kiang-Ke part pour Singapour où il demeure pendant six ans. Afin d'échapper aux forces d'invasion japonaises, il part pour Kuching, dans l'est de la Malaisie. Malheureusement, les Japonais envahissent la Malaisie peu après.

Après la guerre, plusieurs pratiquants d'arts martiaux l'enjoignent d'ouvrir une école, ce qu'il fait, et il nomme celle-ci l'« Association martiale des héros » (Woo Ing Tong).3 L'école connaît plusieurs années de prospérité. À cette époque les mœurs de la société malaisienne sont dures et directes. Il est courant de procéder poliment à la vérification des compétences de chacun. Il arrive parfois que des défis hostiles soient lancés, dégénérant occasionnellement en combats à mort. Maître Lee n'a jamais perdu un combat, ce qui le rend célèbre parmi ses pairs.4

En 1963, il part pour la ville de Sibu (également située dans l'est de la Malaisie, dans l'état de Sarawak). Il y dirige plusieurs écoles dans des communautés locales telles que Kuching, Sibu, Sarikei et Bintulu. En 1967, le premier Tournoi de Kung Fu de l'Asie du Sud-Est se tient à Singapour. Un condisciple de Lee Kiang-Ke, Lee Wen-Hung, part de Chine pour y participer. Lee Wen-Hung avait étudié en compagnie de Lee Kiang-Ke sous la tutelle de Lee Mah-Saw. Bien qu'étant relativement âgé, Lee Wen-Hung remporte la première place en combat. Il s'installera par la suite à Singapour. En 1973, un étudiant de la Grue Blanche représentant Sarawak (est de la Malaisie) participe au troisième Tournoi de Kung Fu de l'Asie du Sud-Est où il remporte la deuxième place en combat.

Le grand-maître Lee Kiang-Ke se retire en 1978, confiant à son fils, Shifu Lee Joo-Chian, le leadership de l'école principale à Sibu, dans l'est de la Malaisie. La pratique de Maître Lee Joo-Chian montre bien le dur labeur nécessaire à l'atteinte de l'expertise (Kung Fu). Tout comme son père, il commence son entraînement à l'âge de sept ans. Les cours vont généralement de deux heures à deux heures et demie. Comme le climat est chaud et humide, la période d'échauffement est très courte. Les élèves pratiquent les formes pendant une demi-heure sans interruption. Ensuite, ils se reposent brièvement et poursuivent l'entraînement aux formes et techniques de base pendant une autre demi-heure.Les formes à deux personnes sont ensuite pratiquées pendant une autre demi-heure, suivies d'exercices de conditionnement et d'entraînement aux armes. La dernière demi-heure est réservée au combat libre. Le jeune Lee Joo-Chian s'astreint à ce dur régime trois fois par jour, six jours par semaine. Les cours du matin débutent à 4 h 30. Les enfants vont ensuite à l'école. À son retour, Lee Joo-Chian sert d'assistant pour le cours de l'après-midi. Aux environs de 20 h 00, Lee et ses sœurs s'entraînent de nouveau. Maître Lee aime bien rappeler aux gens qu'il n'y avait pas beaucoup de télévision en ce temps-là.5

L'un des représentants les plus connus du style en Amérique du Nord est Shifu Lorne Bernard, de Montréal. Il débute son apprentissage auprès d'un élève du grand-maître Lee, Shifu Augustine Ngu, qui avait immigré au Canada en 1977. Shifu Ngu dirige maintenant une académie de Kung Fu située à Mississauga, en Ontario. Avec le temps, Shifu Bernard a pu apprendre directement de l’héritier du style Maître Lee Joo-Chian. Shifu Bernard voyage régulièrement en Malaisie afin de parfaire ses connaissances auprès de divers maîtres de la Grue Blanche appartenant ou non à la famille Lee. Il organise régulièrement la venue au Canada du chef de file actuel du style, Shifu Lee Joo-Chian, afin de permettre à celui-ci d'enseigner aux occidentaux. La possibilité d'avoir accès à des pratiquants de ce calibre a permis à Shifu Bernard d'approfondir sa compréhension des aspects théoriques et des subtilités de cet art.

En plus de diriger deux écoles dans la région de Montréal, Shifu Bernard a également organisé l'enseignement du style de la Grue Blanche au sein de l’ Université du Québec à Montréal. Shifu Bernard a aussi formé plusieurs instructeurs et assistants instructeurs, favorisant ainsi la croissance et l'essor du système de la Grue Blanche.


Méthodologie d’enseignement

Nous savons bien que maîtriser les mouvements et notions de base est essentiel pour l'apprentissage de n'importe quel art sérieux. Nous mettons donc une emphase initiale sur l’apprentissage des positions et mouvements de bases ainsi que sur le développent des aptitudes physiques nécessaires pour pouvoir bien pratiquer le Shaolin White Crane Kung Fu . Par la suite, les formes (séries de mouvements clefs) sont enseignées. Éventuellement, les élèves apprennent tout les autres aspects de l’art tels formes à deux, énergie interne, entraînement avec équipements, combats etc.

Nous encourageons les gens à s’entraîner sérieusement, à un rythme qui leur est approprié. Aux Académies White Crane Kung Fu, nous mettons l'emphase sur l’apprentissage d’un art martial traditionnel dans une atmosphère plaisante et sérieuse. Pour en savoir d’avantage sur nos cours, veuillez fixer un rendez-vous pour nous rendre visite.


1 Ce témoignage vient du grand-maître Lee Kiang-Ke et a été recueilli par Shifu Lorne Bernard lors de son premier voyage en Orient en 1989. Il existe plusieurs versions des origines du Kung Fu de la Grue Blanche de Fukien. Heureusement, celles-ci sont pratiquement similaires et réfèrent toute à la rencontre de la grue, et au fait que Fang Chi-Niang est éventuellement devenue exprerte en arts martiaux.

2 Il est à noter que dans le récit du grand-maître Lee, la grue est posée comme l'incarnation d'une déité descendue du ciel afin d'enseigner les arts martiaux à Fang Chi-Niang.

3 Il est à noter que le nom « Wu Ing Tong » était en fait le nom original de l'un des magasins d'herbes de la famille Lee, situé à Chow An dans la province de Fukien.

4 On attribuait généralement ses prouesses martiales à sa rapidité d'exécution.

5 Une façon subtile de critiquer ceux et celles qui perdent des heures et des heures rivés au petit écran.

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